📖 Les Carnets de Julie
Carnet n°8
Dans ce huitième carnet, Julie raconte le basculement de Cyrille : quitter plus de dix-sept ans de banque pour construire, ensemble, ce qui deviendrait Cire & Jolie.
Quand quitter une carrière stable devient le début d’une aventure entrepreneuriale.
Il y a des étapes que l’on raconte avec le sourire, parce qu’avec le temps, elles deviennent presque des anecdotes. Et puis il y a celles qui restent plus profondes. Celles qui ont demandé plus qu’un changement d’organisation, plus qu’un simple choix professionnel.
Avant Cire & Jolie, Cyrille travaillait à la Banque Palatine. Il y est entré en mars 2001 et y est resté jusqu’au 30 septembre 2018. Plus de dix-sept ans à construire une carrière, à apprendre, à évoluer, à passer de l’accueil à conseiller junior, puis conseiller, conseiller en gestion de patrimoine, avant de travailler avec des professionnels, des chefs d’entreprise et certains comptes plus importants.
C’était un métier exigeant, structuré, confortable aussi. Un univers avec ses codes, ses formations, ses rendez-vous, ses chiffres, ses clients et ses responsabilités. Un monde où Cyrille avait sa place.
Et pourtant, au moment où Cire & Jolie a commencé à devenir réel, il a fallu choisir.
Le jour où tout a basculé
Le 24 septembre 2018, jour du premier anniversaire de notre fils Timothée, un appel a tout accéléré. La banque annonce alors qu’elle n’accompagnera pas son départ comme prévu. La rupture conventionnelle ne se fera pas. Le projet, lui, est déjà lancé. Les premières précommandes arrivent à peine. Les dépenses sont engagées. Le stock va bientôt arriver. Les responsabilités aussi.
Ce jour-là, Cyrille m’appelle. Il m’annonce qu’il va finir sa semaine, puis quitter la banque. Pas dans le confort. Pas avec toutes les garanties prévues. Mais parce qu’il sent que le projet ne peut plus attendre.
Quelques jours plus tard, il range son bureau, laisse ses clés, son téléphone professionnel, et quitte l’agence. Avant de partir définitivement, son directeur régional le convoque. L’entretien dure une heure trente. Ce directeur, Cyrille le connaît bien : c’est lui qui l’avait recruté à ses débuts.
Il essaie de le retenir. Il lui explique ce que ce départ représente. Quitter la banque, c’est aussi renoncer à une trajectoire, à une sécurité, à une carrière construite année après année. Il lui propose même une augmentation importante pour le convaincre de rester.
Mais Cyrille avait déjà choisi.
Il ne partait pas parce que c’était plus simple. Il ne partait pas parce que tout était prêt. Il partait pour construire ensemble ce qui deviendrait Cire & Jolie.
Quitter une sécurité pour une entreprise qui démarre
Sur le papier, cela peut ressembler à une décision courageuse. Dans la réalité, cela a surtout été vertigineux. Cyrille quittait un salaire confortable, un métier reconnu, un environnement qu’il connaissait par cœur, pour entrer dans une entreprise qui n’avait pas encore trouvé son rythme.
À cette époque, je faisais beaucoup de formations. Trois à quatre jours par semaine, j’étais auprès des esthéticiennes. Et il faut le dire clairement : ces formations étaient essentielles. Elles nous permettaient de vivre, de faire manger la famille, et de garder un lien direct avec le métier.
Pendant ce temps, Cyrille tenait les coulisses. Les commandes, les achats, le téléphone, les premiers contacts commerciaux, les transporteurs, les cartons, les consommables, les factures, les urgences, les imprévus. Il a pris cette partie en main sans vraiment la connaître. Il venait d’un monde où tout était cadré, organisé, hiérarchisé. Et soudain, il se retrouvait face à une entreprise naissante où chaque réponse devait être inventée, testée, corrigée.
Les premières commandes
Les premières commandes ont commencé le 30 septembre. Les premiers colis sont partis autour du 8 ou du 9 octobre 2018. Il y en a eu 19 en quelques jours.
À l’époque, ce démarrage a été difficile à encaisser. Avec l’UDEF, nous accompagnions depuis 2014 un groupe d’esthéticiennes qui avait suivi nos conseils, nos échanges, nos recommandations et notre évolution. Alors, au moment de lancer notre propre marque de cire, Cyrille espérait naturellement que tout irait vite. Peut-être trop vite.
Avec le recul, ses attentes étaient probablement surdimensionnées pour une marque qui venait tout juste de naître. Nous ne savions pas encore non plus qu’octobre, novembre et la première moitié de décembre sont souvent des périodes plus calmes en épilation. Mais sur le moment, avec le stock arrivé, les charges engagées et la pression du départ de la banque, chaque commande attendue semblait peser beaucoup plus lourd.
La déception venait de là : non pas d’un manque de confiance dans le projet, mais de l’écart entre ce que Cyrille avait imaginé et la réalité d’un lancement. Cire & Jolie devait faire ses preuves, comme toutes les marques. Simplement, à ce moment-là, il l’a appris de façon très brutale.
Ce que personne ne voyait vraiment
Cire & Jolie n’est pas née uniquement d’une idée, d’un produit ou d’une identité de marque. Elle est aussi née d’un renoncement. D’un pari. D’un moment où il a fallu accepter de perdre une sécurité pour construire quelque chose qui n’existait pas encore.
Et pendant longtemps, cette partie-là est restée invisible.
On voyait les formations, les premières cires, les premiers colis, les premières clientes. On voyait l’entreprise se mettre en mouvement. Mais derrière, il y avait aussi Cyrille, seul dans le box, à apprendre à préparer des commandes, à choisir les bons cartons, à gérer les transporteurs, à répondre aux clientes, à chercher des solutions, à faire des erreurs, à recommencer.
Je lui ai appris l’épilation. Je lui ai transmis les gestes, les techniques, les exigences du métier. Il a découvert ce qu’une esthéticienne vit en cabine, parfois à mes dépens, parce qu’il fallait bien qu’il apprenne.
Et lui a appris le reste en avançant. Pas parfaitement. Pas sans peur. Pas sans fatigue. Mais avec cette conviction : si Cire & Jolie devait exister, il fallait que quelqu’un tienne les coulisses pendant que je continuais à transmettre le métier.
Une autre vie commençait
Ce Carnet n’est donc pas seulement l’histoire d’un départ de la banque. C’est l’histoire d’un basculement.
Celui d’un homme qui quitte un monde structuré, confortable, reconnu, pour entrer dans l’arrière-boutique d’une marque encore minuscule. Celui d’un couple qui ne construit pas seulement une entreprise, mais une nouvelle vie. Celui d’une aventure où la passion ne suffit jamais seule : il faut aussi apprendre, encaisser, douter, recommencer, et tenir debout même quand tout semble fragile.
Avec le recul, cette période a laissé des traces. Mais elle a aussi donné à Cire & Jolie une partie de son ADN.
Parce que dès le départ, l’entreprise s’est construite dans le réel. Pas dans une salle de réunion. Pas dans un plan parfait. Pas dans une histoire lisse.
Dans un box de 55 m², sous un appartement à Colombes. Avec des palettes au sol, des cartons pas toujours adaptés, des étiquettes de transport, des journées trop longues, des clientes à rassurer, et cette envie profonde de faire les choses sérieusement.
La suite, justement, allait apprendre à Cyrille une autre réalité : avant de vendre des produits aux esthéticiennes, il fallait comprendre leur métier de l’intérieur.
Et pour ça, il allait falloir que je lui apprenne à épiler.
📖 LES CARNETS DE JULIE
Merci d’avoir lu ce huitième carnet.
Chaque carnet raconte un nouveau chapitre de l’histoire de Cire & Jolie.
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Merci de prendre le temps de découvrir Les Carnets de Julie.
À très bientôt pour le prochain chapitre de cette aventure.
















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