📖 Les Carnets de Julie
Carnet n°9
Dans ce neuvième carnet, Julie raconte comment elle a appris à Cyrille les premiers gestes de l’épilation : des demi-jambes au maillot, entre stress, erreurs et vraie progression.
La première fois que Cyrille m’a épilée, Cire & Jolie n’existait pas encore. J’avais mon premier institut et il avait simplement envie de tester, de comprendre ce que je faisais et de me rendre service. Je lui ai donc confié une cartouche pour qu’il réalise mes demi-jambes.
Il ne savait pas comment se placer autour de la table et sa posture était loin d’être idéale. En revanche, son geste pour retirer la bande m’a surprise.
Je lui ai expliqué qu’il était mal positionné, mais que son mouvement était juste. Une bande ne doit pas être soulevée vers le haut. Elle doit être déroulée délicatement, au plus près de la peau.
Avec son esprit cartésien, Cyrille m’a répondu que ce geste lui semblait simplement logique et naturel.
C’est son premier souvenir d’épilation : une mauvaise posture, mais déjà un bon mouvement.
Comprendre autrement que par la théorie
Lorsque nous avons créé Cire & Jolie, Cyrille n’avait évidemment pas vocation à devenir esthéticien. En revanche, il devait rapidement apprendre à réaliser quelques bandes correctement.
Pour répondre à une professionnelle qui rencontre une difficulté, connaître les caractéristiques d’une cire ne suffit pas. Il faut comprendre ce qui se passe réellement pendant l’application et le retrait.
Cyrille a donc commencé par quelques bandes. Puis il a voulu aller plus loin et acquérir sa propre expérience. Il a progressivement appris à épiler les aisselles, les demi-jambes, les cuisses et enfin le maillot.
Il ne voulait pas seulement reproduire ce que je lui montrais. Il voulait pratiquer, se tromper, recommencer et comprendre pourquoi un geste fonctionnait. Avant de pouvoir faire à sa façon, il fallait cependant apprendre à faire correctement.
Sa femme, son modèle et sa formatrice
Il faut préciser que je suis assez douillette et que je n’ai jamais vraiment apprécié me faire épiler.
Imaginez donc la situation : Cyrille, encore novice, apprend sur sa femme, qui a peur d’avoir mal, connaît parfaitement la technique et observe chacun de ses mouvements.
Pour lui, c’était un véritable enfer. Il avait chaud à chaque épilation. Il avait peur de mal faire, peur de me faire mal et peur de ne pas réussir à retirer correctement la bande.
De mon côté, j’étais cash, inquiète et exigeante.
À chaque remarque, il me rappelait qu’il n’était pas esthéticien et qu’il ne pouvait pas avoir immédiatement la gestuelle d’une professionnelle ayant plusieurs années de cabine derrière elle. Il n’avait pas tort.
Il est difficile d’apprendre à quelqu’un lorsque l’on sert soi-même de modèle. Il m’arrivait de bouger avant le retrait parce que j’appréhendais la douleur. Cela le stressait encore davantage, alors qu’il devait justement apprendre à garder un geste précis et délicat.
Les mains directement sur la cire
Les boulettes ont été nombreuses.
Un jour, Cyrille a voulu repositionner une bande alors qu’il restait encore de la cire dessus. Sans réfléchir, il a posé les mains directement sur la partie collante.
Ses mains collaient à la bande, la bande collait à ses doigts et tout ce qu’il essayait de toucher commençait également à coller.
Il a rapidement compris qu’une bande recouverte de cire ne se manipulait pas comme une simple feuille de papier.
Cette erreur nous fait sourire aujourd’hui. Mais son pire souvenir reste l’apprentissage du maillot.
Le maillot, son pire souvenir
Je ne me souviens plus précisément si Cyrille s’est vraiment mis à travailler le maillot lorsque nous étions encore à l’appartement ou plus tard, dans notre entrepôt de Bezons. En revanche, nous nous souvenons parfaitement de ses premiers essais.
Le maillot ne laisse pas beaucoup de place à l’improvisation. Il faut observer le sens du poil, organiser la zone, choisir son point de départ et toujours prévoir comment la bande pourra être saisie puis déroulée.
Lors de l’un de ses premiers maillots, Cyrille a commencé presque au niveau des lèvres. La cire avait pris dans les poils et il n’avait pas préparé suffisamment de matière pour attraper correctement le bord de la bande.
Il s’est retrouvé devant une bande presque impossible à saisir, sur une zone où il ne pouvait évidemment pas multiplier les tentatives.
Il avait une main hésitante, une bande mal préparée, une zone particulièrement sensible et une femme qui risquait de bouger avant même le retrait. Il transpirait à chaque séance.
La température, l’épaisseur de la bande, le sens de l’application, la tension de la peau et la manière de dérouler la cire : il a fait un peu toutes les erreurs possibles. Mais il a aussi appris très vite.
Ne rien laisser passer
Cyrille avait parfois l’impression que je le jugeais ou que je le comparais à des professionnelles ayant plusieurs années d’expérience.
Je pouvais effectivement être dure dans mes remarques. Mais mon rôle n’était pas de lui dire que tout était parfait pour lui faire plaisir. Mon rôle était de lui apprendre.
Une mauvaise habitude prise au début devient difficile à corriger ensuite. Je préférais donc lui demander de recommencer immédiatement plutôt que de le laisser mémoriser un mouvement incorrect.
Je reprenais sa posture, la position de ses mains, l’épaisseur de sa bande et la tension de la peau. Je lui expliquais pourquoi son geste ne fonctionnait pas et ce qu’il devait modifier.
Comprendre une explication est une chose. Réussir à la reproduire avec ses mains en est une autre. C’est toute la différence entre la théorie et la maîtrise.
Six maillots pour construire une vraie gestuelle
Malgré la pression, les remarques et ses premières erreurs, Cyrille n’a pas abandonné.
Après environ six maillots réalisés uniquement sur moi, il avait réussi à construire une gestuelle correcte. C’est encore aujourd’hui l’une de ses grandes fiertés.
Il était parti de zéro. Il avait dû gérer le stress d’épiler sa femme, le regard de sa formatrice et la peur de faire mal.
Pourtant, séance après séance, ses mains sont devenues plus sûres. Ses bandes étaient mieux préparées, ses mouvements plus naturels et ses retraits plus délicats.
Il avait appris à observer avant d’agir, à tendre correctement la peau et à ne pas improviser au moment du retrait.
De son côté, il attribue cette progression autant à son envie d’apprendre qu’à la qualité de l’enseignement reçu.
Les premiers gestes, pas tout un métier
Je n’ai pas transmis à Cyrille le métier d’esthéticien. Notre métier est beaucoup trop vaste pour être résumé à quelques séances d’épilation.
Je lui ai transmis les premiers gestes, la précision, le respect de la peau et l’importance de maîtriser les bases avant de chercher la vitesse.
Cela n’a pas toujours été agréable. J’étais exigeante, il voulait parfois expérimenter à sa manière et je n’étais certainement pas le modèle le plus détendu du monde.
Il a eu chaud, il a transpiré et il a probablement regretté plusieurs fois d’avoir voulu apprendre. Mais il n’a pas abandonné.
Nous avons même conservé une vidéo dans laquelle il m’épile les cuisses avant un départ en vacances. Ses gestes n’avaient déjà plus grand-chose à voir avec ceux de ses premières séances.
Il n’était pas devenu esthéticien. Mais il avait appris suffisamment pour comprendre qu’une épilation réussie ne dépend jamais uniquement de la cire. Elle dépend aussi de la main, de l’observation et de la qualité du geste.
Quelques années plus tard, lors d’un Congrès de l’esthétique, une esthéticienne allait décider de mettre cet apprentissage à l’épreuve devant tout le monde.
Mais cette histoire mérite un carnet à elle seule.
📖 LES CARNETS DE JULIE
Merci d’avoir lu ce neuvième carnet.
Chaque carnet raconte un nouveau chapitre de l’histoire de Cire & Jolie.
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Merci de prendre le temps de découvrir Les Carnets de Julie.
À très bientôt pour le prochain chapitre de cette aventure.
















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