📖 Les Carnets de Julie
Carnet n°7
Dans ce septième carnet, Julie vous raconte les premières commandes préparées dans leur garage, entre trois palettes, beaucoup d’enthousiasme et tout un métier à apprendre.
Quand notre garage est devenu le premier entrepôt de Cire & Jolie.
Le 8 octobre 2018, les premiers colis Cire & Jolie ont quitté notre garage de Colombes. Quelques jours auparavant, un camion avait déposé trois palettes devant chez nous. Nous les avions regardées arriver comme deux enfants : notre projet, jusque-là fait de prototypes, de calculs et d’idées, venait soudain de devenir réel. Et de prendre beaucoup de place.
Notre premier entrepôt était en réalité notre garage personnel : un box de 55 m² situé sous notre appartement. Nous avions choisi cette solution pour deux raisons très simples : le coût et la flexibilité. Nos voitures ne pouvaient plus y stationner, mais ce n’était déjà plus notre priorité.
Trois palettes dans notre garage
Nous avions commencé avec Rebelle, déclinée dans ses trois formats : le sachet de cire pelable, le pot de cire à bandes et la cartouche. Quelques consommables complétaient déjà l’offre, notamment les pots vides, les spatules et les bandes.
Au départ, les palettes étaient posées au sol, tout autour du garage. Puis les références se sont multipliées et nous avons installé des étagères. Chaque centimètre devait être utilisé : tout était organisé au millimètre. Nous avions également fait installer l’électricité, la vidéosurveillance et une alarme afin de sécuriser les produits.
Recevoir du stock ne suffisait cependant pas à faire de nous des distributeurs. Il fallait apprendre à ranger les produits, choisir les cartons, préparer les colis, utiliser les outils du transporteur et organiser les enlèvements. Tout était nouveau.
Dix-neuf premières commandes
Les commandes ont toujours été passées exclusivement sur notre site Internet. Les précommandes ont commencé le 30 septembre 2018 et les premiers colis sont partis les 8 et 9 octobre.
Durant ces dix premiers jours, nous avons enregistré 19 commandes, pour un chiffre d’affaires d’environ 1 700 euros. Nous étions heureux de voir ces premières clientes nous faire confiance, mais aussi un peu déçus. Avec notre réputation et les années de formation de Julie, nous avions imaginé un démarrage beaucoup plus spectaculaire.
La réalité nous a rapidement rappelé qu’une réputation ne suffit pas à construire une entreprise. La confiance se gagne une cliente après l’autre.
Aujourd’hui, Cire & Jolie peut parfois réaliser en une demi-journée le chiffre d’affaires que nous avions mis dix jours à atteindre. Mais, à l’époque, ces 1 700 euros représentaient énormément : ils prouvaient que dix-neuf professionnelles avaient accepté de nous suivre dans cette nouvelle aventure.
Pendant que Julie formait, Cyrille gérait tout
À cette période, Julie était absente trois à quatre jours par semaine pour assurer ses formations. Cyrille s’occupait donc de tout : les commandes, les achats, le téléphone, les relations avec les clientes, le commercial et la logistique.
Il ne connaissait pourtant ni le métier de grossiste ni celui d’esthéticien. Julie l’a formé aux produits, aux réalités de la cabine et même aux techniques d’épilation, en servant elle-même de modèle. Cyrille pense encore avoir commis sur elle toutes les erreurs possibles avant d’apprendre les bons gestes.
Pour tout le reste, il a fallu chercher, essayer et s’adapter très rapidement. Les premiers processus n’étaient pas parfaits, mais ils permettaient aux commandes de partir.
Nous avons acheté des imprimantes presque immédiatement. Cyrille en avait assez de monter deux étages jusqu’à l’appartement pour imprimer les documents d’une commande, puis de redescendre dans le garage. Il a également fallu s’équiper d’un transpalette, trouver les bons cartons, acheter les adhésifs et comprendre le fonctionnement des outils de DPD, notre transporteur depuis le départ.
Le plan de travail utilisé pour préparer ces premiers colis est toujours le même aujourd’hui. Il a quitté Colombes, connu l’entrepôt de Bezons et nous a suivis jusqu’à Toulouse.
Le poids de trois petites étiquettes
Le jour de la première expédition, Julie était en formation. Fatiha, notre amie, était présente aux côtés de Cyrille.
Après avoir choisi son carton, protégé les produits avec des chips de calage ou du papier kraft et pesé le colis, Cyrille a collé l’étiquette DPD ainsi que deux petites étiquettes « Fragile » et « Urgent ».
Puis il a repesé le colis.
Pas par perfectionnisme. Il ne réalisait tout simplement pas encore que ces trois malheureuses étiquettes ne pouvaient pas modifier son poids de manière significative. Cette anecdote le fait toujours rire, parce qu’elle montre à quel point il était novice.
Les cartons ont d’ailleurs été l’un de ses premiers problèmes. Il en a commandé plusieurs fois avant de trouver les bons formats. Aujourd’hui, il lui suffit de lire une commande pour savoir immédiatement lequel utiliser. Ce geste devenu évident est le résultat de centaines de colis préparés et de beaucoup d’erreurs corrigées.
Normalement, DPD venait ramasser les colis directement chez nous. Mais lorsque certaines clientes expliquaient que leur commande était extrêmement urgente ou que la préparation avait pris du retard, Cyrille allait parfois les déposer lui-même à l’entrepôt du transporteur pour être certain qu’ils partent le jour même.
Nos clientes comptaient énormément dès le premier jour, et cela n’a jamais changé. À ce moment-là, cependant, la moindre demande urgente nous semblait devoir être traitée immédiatement : reporter une expédition au lendemain paraissait presque impossible.
La peur de ne pas pouvoir tout payer
Le lancement de Cire & Jolie a représenté environ 20 000 euros d’investissement personnel pour Cyrille. Cette somme a servi à financer les premiers acomptes, le stock, le site Internet, l’agence de communication, les équipements et les premières charges.
Nous avions construit notre projet en pensant que sa rupture conventionnelle lui apporterait une sécurité financière. Mais elle ne s’est pas déroulée comme prévu. C’est finalement son solde de tout compte qui nous a permis de continuer.
Notre première commande fournisseur était réglée en plusieurs mensualités. Lorsque la dernière échéance a été payée, en janvier, Cyrille a enfin pu relâcher une partie de la pression qu’il portait depuis plusieurs mois.
Julie savait qu’il gérait et lui faisait confiance. Mais cette confiance masquait aussi ce qu’il vivait réellement. Pendant qu’elle assurait les formations, il portait seul une grande partie du fonctionnement quotidien et des inquiétudes financières de l’entreprise.
Cette période fera l’objet du prochain Carnet, car derrière les premières commandes se cache également une autre histoire : celle d’un homme qui venait de quitter dix-sept ans et demi de carrière à la Banque Palatine et qui devait soudain tout réapprendre.
Une entreprise au milieu de la vie familiale
Le box se trouvait juste sous notre appartement. La frontière entre notre vie familiale et l’entreprise était donc très mince. Les enfants descendaient parfois avec Cyrille, notamment le dimanche. Céleste était celle qui l’accompagnait le plus souvent.
Elle a vu les palettes au sol, les cartons empilés et son père transformer progressivement un garage en petite plateforme logistique. En septembre 2026, elle rejoindra Cire & Jolie en apprentissage.
À l’époque, nous ne pouvions pas imaginer que la petite fille présente dans le box le dimanche travaillerait un jour dans l’entreprise familiale.
Lorsque les 55 m² de Colombes n’ont plus suffi, nous avons loué deux box de stockage supplémentaires. En 2021, nous avons pris un entrepôt de 125 m² à Bezons. Les commandes ont néanmoins continué à partir de Colombes jusqu’au transfert complet de la logistique, en septembre 2022. Nous nous sommes ensuite installés à Toulouse, dans les 250 m² que nous occupons aujourd’hui.
Résumée ainsi, l’évolution paraît presque logique : 55, puis 125, puis 250 m². Elle ne l’était pas lorsque nous la vivions. Chaque nouvel équipement était acheté parce qu’il devenait impossible de continuer sans lui, et chaque organisation devait être inventée pendant que les commandes continuaient d’arriver.
Tout a commencé dans un garage où les voitures avaient perdu leur place. Cela résume assez bien nos priorités de l’époque.
Le mot de Julie
Nos débuts n’ont pas ressemblé au lancement spectaculaire que nous avions imaginé. Il y a eu 19 commandes, des cartons jamais au bon format et un premier colis repesé après la pose de trois petites étiquettes.
Mais il y a surtout eu dix-neuf esthéticiennes qui nous ont accordé leur confiance alors que Cire & Jolie venait à peine de naître.
Ce sont elles qui ont transformé notre stock en entreprise. Et c’est dans ce garage de Colombes, entre les palettes, le plan de travail et les dimanches en famille, que nous avons véritablement appris notre nouveau métier.
📖 LES CARNETS DE JULIE
Merci d’avoir lu ce septième carnet.
Chaque carnet raconte un nouveau chapitre de l’histoire de Cire & Jolie.
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Merci de prendre le temps de découvrir Les Carnets de Julie.
À très bientôt pour le prochain chapitre de cette aventure.
















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