📖 Les Carnets de Julie
Carnet n°5
Dans ce cinquième carnet, Julie vous raconte comment un simple mélange de gels douche a inspiré une cire personnalisable, puis donné naissance au concept Cocktail de cire.
Quand deux gels douche inspirent le concept Cocktail de cire.
Certaines idées naissent autour d’une table, après des semaines de réflexion. D’autres arrivent sans prévenir, dans les moments les plus ordinaires. Celle-ci est née un soir de mai ou de juin 2018, sous une douche prise simplement pour se rafraîchir.
À ce moment-là, j’avais besoin de trouver une cire à utiliser pendant mes formations en perfectionnement épilation. Après une expérience professionnelle malheureuse avec la marque que je représentais, je ne voulais pas devenir l’ambassadrice d’une autre marque ni défendre des produits qui n’étaient pas les miens. Je voulais rester libre et cohérente avec ce que j’enseignais aux esthéticiennes. Le besoin venait de moi. Mais l’idée qui allait ouvrir une autre voie est venue de Cyrille.
Deux gels douche, une seule idée
Il faisait chaud ce soir-là. Cyrille a pris une douche pour se rafraîchir et a terminé son flacon de gel douche. Comme il n’en restait pas suffisamment, il en a pris un second, avec un autre parfum, et a mélangé les deux.
C’est à cet instant qu’une question lui est venue : pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose avec la cire ?
L’idée n’était pas simplement de proposer plusieurs parfums. Elle allait beaucoup plus loin : créer une base de cire neutre, puis fournir des unidoses de parfum et de colorant. Chaque esthéticienne aurait ainsi pu composer elle-même ses mélanges, choisir une couleur, imaginer une senteur et créer une cire qui lui ressemble vraiment. Une sorte de cire sur mesure, préparée directement dans l’institut.
Une cire propre à chaque institut
Sur le papier, le concept avait quelque chose d’évident. Les esthéticiennes auraient pu adapter leur cire à leur univers, à leur décoration, aux saisons ou à leurs envies. Elles n’auraient plus seulement utilisé la cire d’une marque : elles auraient créé leur propre mélange.
Cette idée correspondait aussi à notre manière de voir le métier. Une esthéticienne n’est pas une simple exécutante. Elle possède une expertise, une personnalité et une identité professionnelle. Lui permettre de composer sa cire aurait été une façon de valoriser cette liberté et cette créativité.
Nous avons donc présenté le concept au fabricant avec lequel nous commencions à travailler. La réponse a rapidement ramené l’idée à une réalité beaucoup plus complexe.
Une belle idée face à la réglementation
D’un point de vue réglementaire, le projet devenait une véritable usine à gaz. Dès lors que l’esthéticienne ajoutait elle-même un parfum ou un colorant à une base neutre, la question de la responsabilité du produit fini se posait. Qui devenait responsable en cas de problème : le fabricant de la base, celui des unidoses ou la professionnelle ayant réalisé le mélange ?
Chaque combinaison aurait également nécessité son propre dossier réglementaire. Avec plusieurs couleurs, plusieurs parfums et toutes les associations possibles, le nombre de mélanges à déclarer aurait explosé, tout comme le coût nécessaire pour les mettre légalement sur le marché.
Notre cire personnalisable n’a donc jamais vu le jour. Non parce que l’idée manquait d’intérêt, mais parce qu’elle était irréalisable dans un cadre simple, sûr et économiquement raisonnable.
Il fallait rebondir
Le concept initial était impossible à commercialiser, mais le principe du mélange nous plaisait toujours. Nous avons donc retourné le problème : puisque les esthéticiennes ne pouvaient pas composer leur cire à partir d’une base, de colorants et de parfums séparés, nous allions créer plusieurs produits finis, parfaitement réglementés, mais pensés dès le départ pour pouvoir être mélangés entre eux.
Il fallait d’abord choisir des couleurs compatibles et suffisamment représentatives pour offrir un véritable éventail de possibilités. Nous sommes partis des couleurs primaires : le rouge, le jaune et le bleu, auxquels nous avons ajouté le blanc. La cire blanche a été abandonnée par la suite, mais, au départ, ces quatre bases devaient permettre aux esthéticiennes d’imaginer de nombreuses nuances en réalisant leurs propres mélanges.
Le même raisonnement s’appliquait aux parfums. Nous ne voulions ni senteurs trop fortes ni notes poudrées qui, une fois associées, risquaient de donner un résultat médiocre. Les fruits se sont imposés naturellement. Ils étaient frais, reconnaissables et faciles à associer. Et puis, en mélangeant plusieurs fruits, au pire… on obtient une salade de fruits.
C’est ainsi qu’est né le concept « Cocktail de cire » : des cires professionnelles déjà formulées, contrôlées et conformes, mais dont les couleurs et les parfums pouvaient dialoguer entre eux. L’idée née sous la douche n’avait pas disparu. Elle avait simplement évolué pour devenir réalisable.
En 2019, Cocktail de cire a remporté le Prix de l’Innovation. Mais cette histoire mérite un carnet à elle seule, et nous y reviendrons plus tard.
Toutes les idées ne sont pas faites pour aboutir
Lorsque l’on raconte la naissance d’une marque, on parle surtout des produits qui ont réussi. On oublie souvent toutes les pistes abandonnées, les prototypes refusés et les projets qui n’ont pas dépassé le stade de l’idée. Pourtant, ils font eux aussi partie de l’histoire.
Cette cire à composer soi-même nous a appris très tôt qu’une bonne intuition ne suffit pas. Un produit cosmétique doit être désirable et utile, mais aussi sûr, conforme et parfaitement maîtrisé. La créativité ouvre une porte ; la réglementation, la formulation et la responsabilité déterminent ensuite si l’on peut réellement la franchir.
L’idée initiale n’a pas survécu sous la forme imaginée ce soir-là. Mais elle contenait déjà quelque chose qui allait rester au cœur de Cire & Jolie : l’envie de sortir des codes et de laisser aux esthéticiennes davantage de liberté dans leur manière de travailler. Cocktail de cire est né de ce rebond. Ce n’était pas la cire entièrement personnalisable imaginée sous la douche, mais l’esprit du projet était toujours là.
Le mot de Julie
Le besoin de départ était le mien : disposer d’une cire que je pourrais utiliser pendant mes formations sans avoir à représenter une nouvelle marque. L’idée de créer une cire personnalisable, elle, est venue de Cyrille, simplement en mélangeant deux gels douche.
Cette anecdote résume assez bien nos débuts. Je connaissais le métier, la cabine et les attentes des esthéticiennes. Cyrille regardait les choses autrement et posait parfois des questions auxquelles je n’aurais pas pensé. Certaines ont donné naissance à des produits. D’autres se sont heurtées à la réalité. Mais chacune nous a obligés à aller plus loin.
Créer Cire & Jolie, ce n’était pas partir avec toutes les réponses. C’était commencer par une question très simple : pourquoi ne pourrait-on pas faire autrement ?
Ce qu’il faut retenir
- Julie avait besoin d’une cire pour ses formations, sans promouvoir une nouvelle marque.
- L’idée de créer leur propre cire est venue de Cyrille, sous la douche, en mélangeant deux gels douche.
- Le premier concept reposait sur une base neutre et des unidoses de parfum et de colorant.
- La responsabilité du produit fini et le coût des dossiers pour chaque mélange ont rendu le projet irréalisable.
- Le projet a rebondi grâce à des produits finis aux couleurs et aux parfums compatibles entre eux.
- Le choix des fruits a permis de créer des mélanges agréables : au pire, une salade de fruits.
- Cette réflexion a donné naissance à Cocktail de cire, Prix de l’Innovation en 2019.
📖 LES CARNETS DE JULIE
Merci d’avoir lu ce cinquième carnet.
Chaque carnet raconte un nouveau chapitre de l’histoire de Cire & Jolie.
Vous pouvez revenir au sommaire ou poursuivre votre lecture.
|
← Carnet précédent |
Carnet suivant → |
Merci de prendre le temps de découvrir Les Carnets de Julie.
À très bientôt pour le prochain chapitre de cette aventure.
















Vous devez être connecté dans pour poster un commentaire.